My DEBIAN Story

Journal d'une installation de DEBIAN SARGE
  

Sommaire

Introduction

J'ai découvert Unix comme beaucoup de gens, durant mes études, en 1991. C'était alors SunOS. Lors de mon premier travail, j'ai été administrateur système Solaris, et utilisateur de différents "parfums" d'Unix, notamment HP/UX. J'ai pu apprécier la puissance et l'intelligence du système, et son côté "admin-friendly". Toutefois, la convivialité vis-à-vis de l'utilisateur de base laissait souvent à désirer, et les applications de bureautique faisaient cruellement défaut. Au passage, mon premier contact avec le libre fut d'introduire l'éditeur GNU Emacs et GNU C à mon travail, en remplacement de l'indigent textedit et du SPARCcompiler C de Sun, onéreux et pas plus performant. Je précise que je n'avais aucun intérêt particulier à l'époque pour le libre, et que ce choix s'est fait sur des critères purement techniques.

C'est alors que le département informatique de mon établissement choisit une migration massive de VMS et Unix vers Windows NT (3.51 puis 4.0). Après quelques tests, lectures et présentations par des représentants de Microsoft, je me suis dit que c'était là le système d'exploitation idéal, et je devins un fervent supporter de Windows NT. J'ai, à cette époque (1994-1995), réalisé quelques belles présentations à la gloire de ce OS. Je fus administrateur système NT, puis développeur NT (en charge notamment de portage d'applications d'Unix vers NT). C'est au fil du temps que j'ai découvert les vrais problèmes inhérents à Windows NT et que ma déception fut grande! Je ne vais pas m'étaler sur les raisons techniques, politiques et philosophiques qui me font aujourd'hui critiquer parfois assez violemment Microsoft, mais voici un site qui les résume assez bien: Why I Hate MS (je recommande particulièrement l'annexe A).

Mais, honnêtement, quelle alternative avions-nous? Nous avons eu des employés avec deux machines (une Windows, une Sun), nous avons mis en place des serveurs d'applications WinDD, mais c'était onéreux et peu pratique. Quant à titre personnel, il était difficilement envisageable pour moi d'avoir autre chose qu'un PC Windows à la maison. Un Mac? Certes, j'aime bien Apple, mais un Mac c'était un OS propriétaire sur un matériel propriétaire, donc pire encore! Un ami m'avait bien montré, dès 1987, Minix sur son PC, mais les possibilités étaient très limitées et cela restait, à mes yeux, un gadget pour l'enseignement.

Et puis un beau jour de 1997, j'ai aidé un autre ami à installer une RedHat 5.0 sur son PC. Je n'ai pas été totalement convaincu, car nous avons mis plusieurs semaines à faire fonctionner le serveur X (la carte graphique était récente), mais cela tournait. Deux ans plus tard, je testais à mon tour Linux en installant une SuSE 6.x sur mon PC, en double boot. Et cela marcha très bien. Tellement bien que rapidement j'achetais un PC Linux dédié pour pouvoir faire du client/serveur à la maison. Puis, lors de l'achat de mon premier PC portable, j'ai installé une Mandrake dont la facilité d'installation m'avait déconcerté (opérationnelle en 45 minutes, alors que je me battais avec Windows depuis plusieurs heures). Mandrake devint donc ma distribution favorite pendant quelques années...

J'aime beaucoup les distributions Mandrake. Leur installation est un plaisir, et pose généralement bien moins de problèmes que Windows NT, 2000 ou XP (du moins suivant mon expérience). En fait, le seul vrai problème que j'avais récemment avec ma Mandrake 9.1 (sur mon PC Linux) est que ma base RPM ne semblait plus d'équerre, et j'ai des difficultés à mettre à jour ou installer certains paquetages avec urpmi. Par exemple, j'ai mis deux bonnes heures à mettre à jour mplayer vers sa version 1.0... Agaçant!

Parallèlement, un autre de mes amis, linuxien convaincu et exclusif, me vantait les mérites de sa distribution Ubuntu, basé sur Debian. Outre le fait d'utiliser ce que je considérais comme la "distribution ultime", je rêvais depuis longtemps d'accéder au système de gestion de paquetage apt-get, probablement le plus fiable et le plus efficace au monde. Seulement voilà, Debian me faisait peur. Une réputation d'installation difficile, d'administration "à l'ancienne", à des années-lumières de ce que peut faire, par exemple, Mandrake.

Mon PC Linux, appelé usagi, était alors un Duron-800 avec 256 Mo de RAM et 40 Go de disque, dont le matériel était acheté d'occasion ou récupéré sur de vieux PC. Cela m'allait très bien à une époque où je faisais l'essentiel de mon activité sur un autre PC sous Windows, musclé celui-là (Pentium-IV 2,8 GHz HT, 1 Go RAM, 200 Go de disque...). Or, aujourd'hui, je suis à 80-90% sous Linux, Windows ne me servant plus que pour la retouche d'image, l'acquisition/encodage vidéo, la PAO et quelques autres activités marginales. Du coup, mon pauvre usagi commençait à ramer quelque peu, et je décidais de lui donner un successeur, naruto. Afin d'économiser, j'achetai pour 260 euros un Athlon2000, avec 512 Mo de RAM, une carte graphique Matrox 450 bi-écran et 2x60 Go de disque dur en RAID0, auxquels j'ai ajouté un disque de 160 Go. La carte mère est une MSI KT3 version Raid, avec USB 2.0, à laquelle ont été rajoutés une carte réseau et une carte Firewire. Un graveur de DVD Lite-on complète le tout. Pour l'affichage, je conserve l'écran LCD LG 1710B que j'avais jusqu'ici, et pour l'impression ma bonne vieille HP Deskjet 970cxi, parfaitement supportée par CUPS sous l'ancien PC (y compris le recto/verso, etc.).

J'avais sous le coude une distribution Mandrake 10.1, mais je décidai, histoire de voir, de tenter, non sans appréhension, l'installation de la dernière version de Debian "testing", la Debian Sarge (pour les différentes version de la distribution Debian, voir le site Debian). L'idée étant de passer à la Mandrake si ça devenait trop problématique. Une fois n'est pas coutume, je décidai également de noter mes aventures afin d'en faire profiter la communauté, histoire d'apporter ma modeste contribution au débat sur le libre...

Ce texte est libre de droits, vous pouvez le recopier et le diffuser librement, sous deux conditions: qu'il reste libre de droits, même modifié, et que l'email de l'auteur y figure (afin que je puisse éventuellement avoir des commentaires en retour). Je préfère que vous fassiez un lien vers le document original plutôt que de le recopier (car la recopie ne sera pas mise à jour), mais ce n'est pas une obligation.

Journal d'une installation Debian (2005)

Mardi 22 février 2005

Enfin, après plusieurs mois d'hésitations, j'ai mon nouveau PC Linux! Voici la configuration:

		Carte mère MSI KT3 ARU (RAID, son AC'97), CPU Athlhon 2000, 512 Mo RAM
		Carte graphique Matrox G450 dual head
		2 disques 60 Go IBM en RAID0 sur le contrôleur Promise PDC20276
		1 disque 160 Go Hitachi
		1 Graveur DVD Lite-on
		Carte réseau Fast Ethernet
		Carte Firewire
	

Le PC fonctionne fort bien sous Windows XP, que le précédent propriétaire avait laissé installé. Je décide de tenter l'installation d'une Debian Sarge. Je commence à télécharger les 2 DVD (oui, 2!) de la distribution avec jigdo, seule façon de télécharger les versions DVD. Premier problème: impossible d'installer jidgo sur mon ancien PC Linux, sous Mandrake 9.1. Je l'installe donc... sous Windows et je télécharge les 9 Go en un peu moins de deux jours, sous le regard certainement courroucé de Billou. Bon, ce n'est pas plus mal ainsi, vu que seul le PC Windows a un graveur de DVD...

Jeudi 24 février

Je grave les deux DVD. J'achète également une souris Logitech optique et un clavier Logitech Keyboard Navigator, dont les touches de fonction sont reputées fonctionner sous X moyennant quelques bidouilles. Je rajoute le disque dur Hitachi de 160 Go (pour stocker mes japanims). Mais je n'ose pas encore me lancer, attendant le week-end...

Vendredi 25 février

J'achète également un libre... pardon, un livre sur Debian: Les Cahiers de l'Admin Debian, le seul récent en français, qui semble fort bien fait et traite de Sarge.

Je débute l'installation à 23H00 en bootant sur le premier DVD. Premier écueil: le RAID0 hardware Promise n'est pas reconnu, et je vois deux disques en RAID0. Prudent, je décide d'installer le système sur le disque Hitachi. Mis à part cela, tout se déroule avec une facilité à laquelle je ne m'attendais pas. Certes, ce n'est pas l'installation graphique clinquante de Mandrake, mais c'est clair et suffisant. Je partitionne mon disque dur ainsi:

	/dev/hda1	      30 Mo  /boot
	/dev/hda2             40 Go  /
	/dev/hda3              1 Go  swap
	/dev/hda4            120 Go  /home

À 23H30, je suis connecté au réseau et peut télécharger les paquetages directement depuis un des nombreux mirroirs. Finalement, la gravure des deux DVD n'est pas utile sion a une connexion Internet rapide. Le son, la carte graphique, le réseau, tout est reconnu et configuré automatiquement. L'écran de connexion est graphique (GDM). Je choisis KDE comme interface graphique (plus sympa que Gnome, mais c'est une question de goûts) et à 1H00 je surfe sur Internet avec Firefox et je lis mes emails avec Thunderbird. Je suis agéablement surpris et content, mais la machine n'est pas encore tout à fait opérationnelle, car il me manque quelques applications et détails de configuration...

Concernant le contrôleur RAID Promise 20276, je décide de le désactiver et de retirer les deux disques IBM. En effet, j'ai pu vérifier sur Internet que le Promise fonctionnait sous Linux (mais en effet avec un problème non rédhibitoire de reconnaissance en cas d'installation de l'OS sur le RAID), ces disques sont très bruyants. Une fois retirés, mon PC Linux est franchement discret, et du coup on peut dormir à côté (mon bureau est aussi la chambre d'amis).

	# modprobe parport parport-pc lp

Mercredi 9 mars

J'ai une idée concernant mes problèmes d'impression: apparemment, il s'agit d'un problème de bas niveau, peut-être du noyau, mais et si c'était le matériel? Car un conflit d'IRQ ou un problème de gestion d'interruption semble plausible, compte tenu des symptômes et de certains messages que j'ai pu obtenir en mode console. Je décide donc de désinstaller une carte PCI dont je ne me sers pas: la carte Firewire (apparemment pourtant parfaitement reconnue par Linux au boot). Et là, miracle! LPRng imprime. J'arrive même à sortir la page de tests, que ce soit en local (port parallèle) ou à distance (sur la file d'impression LPD du PC Windows, ce que je privilégie en fait maintenant).

Je décide donc, tête brûlée, de remplacer LPRng par CUPS, qui est beaucoup plus sophistiqué. J'enlève donc tous les paquetages LPRng, LPR etc., et j'installe CUPS, foomatic et toute la clique. Et là, rien, que dalle, impossible même de configurer une imprimante avec KDEprint. Explication: cupsysd ne se lance pas car son fichier de configuration /etc/cups/cupsd.conf est absent. Je récupère un backup réalisé juste après mon installation, et là le démon CUPS se lance et je peux gérer les imprimantes. En revanche, quand je lance l'impression, rien ne sort! Je peux imprimer de l'ascii avec rlpr sur un hôte distant, mais sinon rien. L'imprimante PDF en revanche fonctionne bien (qualité des caractères à améliorer, il faut que je penche sur les polices), ainsi que la prévisualisation (pour toutes les imprimantes). Je sens que je suis proche de la solution, je crois qu'ici il y a juste un problème de configuration des filtres GS.

Au passage, j'ai trouvé un moyen simple de forcer le numlock au lancement de KDE: c'est une option de configuration de KDE! Moi qui avait télécharger un paquetage spécial... Il est vrai qu'il existe des paquetages pour verrouiller le pavé numérique au boot ou au lancement de X (numlockx).

Je teste aussi le montage d'une clé USB. Je m'attends au pire, étant devenu pessimiste après mon déboire avec CUPS. J'avais tort. J'ai créé un répertoire /media/key et ajouté une ligne dans /etc/fstab:

		/dev/sda1	/media/key	auto	rw,user,auto	0	0

Puis ensuite, en tant que simple utilisateur:

	$ mount /media/key

Et j'accède sans problème à mes fichiers sur ma clé USB 2.0! Ouf... En fin de compte, tout fonctionne nickel pour l'instant... excepté l'impression CUPS! Entre l'impression ascii brute qui fonctionne et l'impression PDF (pour ensuite faire la sortie depuis Windows), je peux m'en tirer, mais c'est lourd, je veux un système Linux entièrement fonctionnel et sans compromis!

Mon PC Portable DELL Inspiron 8500 est sous Mandrake 10.1. C'est vrai que la gestion de paquetages est très inférieure, mais les outils d'administration (notamment DrakeConf) sont vraiment agréables. Mon rêve? Une Mandrake 10.1 utilisant apt-get en lieu et place de urpmi...

Samedi 12 mars

J'ai finalement trouvé comment installer facilement mplayer! J'ai tout d'abord rajouté la source suivante dans /etc/apt/sources.list:

	deb ftp://ftp.nerim.net/debian-marillat/ testing main

On peut alors trouver un paquet mplayer non officiel (celui de Christian Marillat). Sinon, on trouve une méthode de création d'un paquet Debian perso ici. Si besoin est, on peut préciser un driver vidéo pour la restitution, dans /etc/mplayer/mplayer.conf, par exemple pour une carte Matrox:

		vo=xmga

Lundi 21 mars

J'avais un autre problème avec mplayer: sous Mandrake, j'avais l'habitude de passer en mode plein écran avec la touche [F] et automatiquement l'image était zoomée pour occuper tout l'écran. Sympa pour regarder mes japanimes favorites! Mais là, quand je passe en plein écran, l'image n'est absolument pas zoomée. Apparemment, c'est un problème lié à l'utilisation par défaut de XWindow pour le rendu vidéo. Je me disais donc qu'il allait falloir que j'installe les drivers mga et/ou xmga, qui en plus permettent de piloter l'affichage sur une TV externe, ce dont je me fiche vu ma configuration. Finalement, je vais m'épargner cette peine, puisque le pilote xv fonctionne parfaitement, et en plus est parfaitement fluide. Il s'agit d'un pilote utilisant l'extension XVideo de XFree, qui permet l'accélération matérielle lors de la lecture de vidéos. Parfait! On peut donc écrire:

	$ mplayer -vo xv mavideo.avi

Ou encore mieux, mettre la ligne suivante dans le fichier ~/.mplayer/config:

		vo=xv

J'ai aussi installé un Acrobat Reader 7.0, nettement plus sympathique que kpdf pour lire les PDF, format que j'utilise beaucoup (c'est un format libre, rappelons-le).

Pour l'instant, je n'ai donc plus que mon problème d'impression à résoudre. Il est vrai que je ne ne me suis pas penché sur lui depuis une bonne dizaine de jours, ayant pas mal de choses à faire dans mon jardin avec l'arrivée du printemps! D'autant que je peux imprimer, mais avec une procédure un peu compliquée: j'imprime depuis Linux dans un fichier PDF ou PS et sur mon bureau Windows j'ai un lien vers les deux fichiers possibles. En cliquant, je les ouvre et je peux les imprimer. Lourd, mais comme j'imprime peu c'est supportable. Mais je ne renonce pas, car si je tolère des problèmes avec Windows (par habitude et lassitude...), il n'en est pas question sous Linux, système plus "pro"!

Mercredi 20 avril

Eh oui, presque un mois sans nouveauté sur mon PC Debian, c'est bon signe! Il est vrai toutefois que je n'ai plus travaillé sur mon problème d'impression, car en fait ça ne me gêne pas tellement: j'imprime de temps en temps un plan Mappy ou un horaire SNCF, c'est tout, alors les quelques manips supplémentaires ne sont pas trop contraignantes. Quand à l'impression de fichiers ASCII purs (fichiers de configuration...), rlpr fonctionne fort bien.

Non, en revanche je constate que mon horloge de mon PC dérive un peu. Cela m'agace, d'autant que j'ai découvert récemment les joies des pendules radio-pilotées. J'en ai mis deux chez moi, cela ne coûte pas beaucoup plus cher qu'une horloge "normale", mais elle est tout le temps à l'heure exacte à la seconde près! Alors, pourquoi ne pas faire pareil avec mon PC Linux? Et me voilà à chercher une méthode très simple. Celle que j'ai mise en place me paraît assez efficace: j'utilise un client simple, ntpdate:

	# apt-get install ntpdate

Puis je mets dans /etc/cron.daily le script suivant (le nom du fichier importe peu, par exemple set-systime):

	#!/bin/sh
	#
	# cron script to set system time based on NTP servers
	#
	ntpdate pool.ntp.org

On remarquera que j'ai opté pour une adresse de serveur NTP qui est un fait un "pool" de nombreux serveurs, dont la disponibilité est garantie, plutôt qu'un serveur unique. Néanmoins, on peut trouver des adresses de serveurs NTP individuels en France à l'adresse: http://www.cru.fr/NTP/serveurs_francais.html.

Et voilà! Toutes les nuits, le script sera exécuté et mettra à l'heure l'horloge de mon PC. Je peux d'ailleurs déjà vérifier qu'elle est synchro avec ma pendule radiopilotée. Notons que Debian Sarge exécute les scripts de ces répertoires cron.xxx avec anacron, qui présente l'avantage de les exécuter en retard si le PC n'est pas allumé à l'heure prévue pour la tâche, alors qu'avec cron l'exécution ne peut se faire qu'à l'heure exacte indiquée dans /etc/crontab. Pratique!

Mercredi 13 juillet

Je me suis aperçu que je n'avais pas mis à jour mon système depuis quelques mois... Je fais donc :

	# apt-get update
	# apt-get upgrade

et il m'annonce qu'il faut télécharger 700Mo de mises à jour, pour près de 200 paquetages, dont plusieurs pour le noyau! Heureusement, les serveurs Debian ont de bons débits, mais il faudra quelques heures pour que tout soit chargé et installé.

J'étais très inquiet, car j'ai toujours une apréhension quand je fais une mise à jour majeure, que ce soit sous Linux ou sous Windows. J'ai toujours peur qu'au reboot ça ne fonctionne plus... Comme le noyau avait été modifié, j'ai fait un redémarrage (bien que tout fonctionnât correctement après la mise à jour) et là... rien! Non, rien de particulier. Ah, si! C'est plus rapide. Et OpenOffice se charge en deux secondes (je l'ai configuré en prelink lors de la mise à jour). Bluffant!

Samedi 10 septembre

En fait, ça fait plusieurs jours que je suis sur la configuration d'un portable DELL CPx650 sous Linux. J'en ai viré Windows pour en faire un terminal Internet. Sous Linux, bien sûr, afin de ne pas avoir à payer de licence et surtout ne pas avoir besoin d'antivirus. La difficulté est que je voudrais le faire fonctionner en wifi. En Ethernet, pas de problème, ça marche tout seul, mais impossible de faire fonctionner ma carte PCMCIA Linksys WPC54G v2. Du coup, j'ai relevé une liste de cartes 802.11g sur Internet et j'ai fait plusieurs magasins de la Rue Montgallet pour trouver une de ces cartes... en vain! Finalement, un vendeur m'ayant assuré que l'ASUS WL-100G fonctionnait sous Linux, j'en ai acheté une et j'ai testé. D'abord sous Mandrake 10.1, parce que j'avais essayé plusieurs distros dans l'espoir d'en trouver une qui reconnaisse correctement ma Linksys et que c'était la dernière que j'avais installée. J'ai pu sans problème installer la carte en utilisant ndiswrapper pour installer les drivers Windows XP... sous Linux!

Après plusieurs jours de galère, quelle joie, en vingt minutes de travail (en comptant le temps de booter et lire une la page de man de iwconfig pour configurer l'interface wlan0), de voir fonctionner un simple ping... Mais je ne voulais pas de Mandrake, car après plusieurs mois avec Debian, il est difficile de se revenir en arrière vers le système de paquetage RPM. J'éteins donc serein mon portable en me disant que maintenant j'allais réinstaller Debian dessus.

Vendredi 23 septembre

J'ai voulu tester la distribution Ubuntu. C'est une distro basée sur Debian et Gnome, mais plus conviviale. Elle s'est installé aisément, mais je voulais KDE. Alors plutôt que de faire un simple apt-get pour récupérer KDE, j'ai eu l'idée de tester kubuntu, qui est une version KDE d'Ubuntu. Après le passage en mode graphique, j'ai eu plusieurs problèmes d'affichage et de configuration, alors j'ai décidé de basculer sur Debian Sarge, comme prévu initialement.

Samedi 24 septembre

Grosse galère! Debian Sarge s'est bien installée, sans souci, mais après une session KDE durant laquelle j'ai notamment utilisé kuser pour rajouter un compte, le fichier /etc/shadow a tout bonnement disparu! Je rappelle que ce fichier contient tous les mots de passe, y compris celui de root... Donc impossible de se connecter sous aucun compte. Argh!

Pas de panique, il me faut juste récupérer un /etc/shadow d'équerre. Facile, mon PC principal (naruto), sur lequel je tape ces lignes, a les mêmes comptes (oui, j'ai fait le choix de gérer mes comptes en local, puisque 90% du temps je n'ai qu'un seul PC Linux sur mon réseau). J'ai donc récupéré un CD Live de Ubuntu, que j'ai démarré. Je rappelle que les distros dites "Live" fonctionnent à partir du CDROM, sans requérir d'installation. C'est un bon moyen d'accéder à un PC Linux ou Windows planté pour y bidouiller les fichiers de configuration.

Une fois la session ouverte, j'ai utilisé une session ssh (je n'ai pas autorisé le démarrage de FTP sur mon PC) pour récupérer le fichier /etc/shadow de mon PC principal. J'aurais pu également utiliser une clé USB ou un CDRW. Ensuite, j'ai ouvert un terminal superutilisateur (toujours avec Ubuntu Live). Et là, j'ai monté la partition racine de mon installation Debian puis recopié le fichier shadow que j'avais récupéré:

	# mkdir /mnt/root
	# mount -t ext3 /dev/hda1 /mnt/root
	# cd /mnt/root
	# cp /tmp/shadow /etc

Puis j'ai redémarré le PC, et là, ouf!, j'ai pu me connecter avec mon compte et mon mot de passe habituel. Quand je suis passé de Unix à Windows NT 3.5, il y a environ dix ans, je trouvais le système de registry de NT plus "propre" que les multiples fichiers de configuration /etc d'Unix, mais maintenant j'ai changé d'avis. Il est souvent plus facile de sauvegarder et réparer ainsi un fichier de configuration endommagé sous Linux. C'est rassurant.

Notons qu'il y a une autre méthode un peu plus simple: booter Linux en mode "single" (avec LILIO, entrer linux single au prompt lilo:, avec GRUB ajouter le paramètre de boot single), et ainsi accéder au fichier /etc/shadow pour créer une entrée root avec un mot de passe vide, ce qui permet ensuite de rebooter en mode "fail-safe" mais sous root et avec le réseau, permettant ainsi de récupérer le fichier manquant sur l'autre PC. Bon, ça paraît compliqué comme ça, mais en pratique ça prend 5 minutes.

Reste maintenant à configurer la carte Wifi. J'ai installé ndiswrapper qui reconnaît ma carte, mais iwconfig ne veut rien savoir. J'ai dû oublier une étape dans l'installation de ma carte PCMCIA. Là j'en ai marre, je verrai ça plus tard. En tout cas, je dois reconnaître, avec regret, que la configuration d'une carte 802.11g récente sous Linux est une vraie galère. Seul un nombre très restreint de cartes sont reconnues sans encombre...

Lundi 3 octobre

J'ai un clavier multimédia Logitech, mais jusqu'ici, je ne pouvais pas utiliser les touches spéciales sous Linux pour, par exemple, modifier le volume du son, passer à la plage suivante quand je lis des MP3, ou lancer une application.

J'ai trouvé sur le site Lea Linux une page très détaillée décrivant une méthode pour utiliser ces touches multimédia sous Linux. L'auteur de cette méthode ayant un clavier Logitech, j'ai tout simplement suivi le mode opératoire indiqué, et ça fonctionne très bien!

Dimanche 30 avril 2006

Eh oui, ça faisait un bail! Plus d'un an avec Debian, et je suis toujours aussi content. Pourvu que ça dure!

Bon, je regarde beaucoup d'animes avec mplayer et à chaque fois il râle parce qu'il n'arrive pas en temps que simple utilisateur à utiliser une priorité "temps réel" pour le player. Comme beaucoup de programmes Linux, il est intelligent et me suggère une solution:

	Linux RTC init error in ioctl (rtc_irqp_set 1024): Permission non accordée
	Try adding "echo 1024 > /proc/sys/dev/rtc/max-user-freq" to your system startup scripts.

J'en ai marre de ce message d'avertissement, alors j'ai décidé de mettre à jour mes script de démarrage comme indiqué. Logiquement, on fait ça dans /etc/rc.d/rc.local, oui mais ce fichier n'existe pas dans Debian. Il faut donc le créer. Après quelques recherches, voici ce que j'ai trouvé (et fait).

D'abord, créer en temps que root un fichier /etc/init.d/local avec comme contenu:

	#! /bin/sh
	echo 1024 > /proc/sys/dev/rtc/max-user-freq

Puis configurer les différents scripts de démarrage pour qu'ils prennent en compte ce fichier:

	# chmod 755 /etc/init.d/local
	# update-rc.d local start 98 2 3 4 5 .
 	 Adding system startup for /etc/init.d/local ...
   	   /etc/rc2.d/S98local -> ../init.d/local
   	   /etc/rc3.d/S98local -> ../init.d/local
   	   /etc/rc4.d/S98local -> ../init.d/local
   	   /etc/rc5.d/S98local -> ../init.d/local

C'est ce que j'ai fait sur mon système, mais je pense que la forme ci-dessous est meilleure (à taper à la place du update-rc.d ci-dessus!):

	# update-rc.d local defaults 80

Pour la cerise sur le gâteau, on peut aussi carrément créer rc.d/rc.local:

	# mkdir /etc/rc.d/
	# ln -s /etc/init.d/local /etc/rc.d/rc.local

Dimanche 4 juin

Mieux vaut tard que jamais, je viens de découvrir une commande bien sympathique: ddcprobe, que l'on trouve dans le paquetage xresprobe. Elle donne les modes (résolution, fréquences...) supportés par la carte graphique et l'écran, ainsi que d'autres informations pouvant être utiles pour installer Xorg ou optimiser son interface graphique.

Screenshots

Attention, la résolution est de 1280x1024, les fichiers PNG font 800Ko!

[SCREENSHOT01]

Le bureau KDE, avec firefox (navigateur), krellm (surveillance système), xmms (lecteur multimédia) et une konsole avec 3 sessions ouvertes. Les habitués de Windows remarqueront le menu KDE, la barre des tâches, le "system tray" et seront probablement étonné par les 6 bureaux virtuels, dont franchement je ne saurais plus me passer!

[SCREENSHOT02]

Un screenshot orienté multimédia: gxine lit une de mes japanims favorites (devinez d'où vient le nom de mon PC Linux?), xmms et sa playlist MP3. On voit également gaim (messagerie instantanée multi-protocole, ici utilisée sur MSN), krell (surveillance système) et konqueror (explorateur de fichiers et bien plus encore).

Note: En fait, j'ai une petite préférence pour mplayer en tant que lecteur vidéo, mais gxine faisait plus cool sur la copie d'écran!

Conclusion

Je ne vais pas parler de Linux, car le débat a déjà été bien alimenté et continue de l'être par ailleurs. Je dirais juste que je suis satisfait au plus haut point par Debian Sarge, à mon grand étonnement, et que, mis à part l'absence des outils d'administration conviviaux (mais pas toujours fiables) auxquels m'avaient habitués SuSE et Mandrake, mais dont je réussis ma foi fort bien à me passer pour l'instant (pourvu que ça dure!), je regrette rien. Debian rulez!

Alors, est-ce que je serais prêt à conseiller Debian Sarge? Ça dépend... Certainement pas à un utilisateur Linux débutant et isolé (sans assistance technique à portée de main), sauf s'il est étudiant en informatique et a envie d'apprendre vraiment l'administration Linux. En revanche, à quelqu'un qui est un peu aguerri (sans forcément être un gourou), je lui recommanderais chaudement! Si Debian Sarge est encore en retard sur le plan convivialité (au sens user friendliness) par rapport à Mandrake (pardon, Mandriva) par exemple, l'installation est raisonnablement simple, et le système de gestion de paquetages d'une efficacité vraiment redoutable, à se demander d'ailleurs comment autant de systèmes Linux en production peuvent ne pas utiliser apt-get!

Pour finir, une nouvelle qui m'a surprise quand je l'ai lue le 20 avril 2005 sur ZDNet: la ville de Munich, qui avait décidé d'équiper ses 14000 postes de travail actuellement sous Windows NT avec un OS Libre, a opté pour... Debian! C'est un signe, non?

Liens utiles

Remerciements

Je tiens à remercier en particulier Jean-Mary pour m'avoir donné envie de faire le grand saut vers Debian, pour m'avoir fait apprécier les japanims et pour toutes les soirées passées sous Linux...


cantotp@wanadoo.fr